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le Manchot de Humboldt

Le Manchot de Humboldt est un oiseau qui ne vole pas dans l’air mais “vole” merveilleusement bien dans l’eau !

Spheniscus humboldti – famille des sphéniscidés

Taille65 à 70 cm
Poids3,5 à 5 kg
Longévitéjusqu'à 20 ans
Régime Alimentairepiscivore
Reproductiontoute l'année
Ponte1 à 2 oeufs
Incubation40 à 42 jours

Le Manchot de Humboldt vit en colonies sur les côtes du Pérou et du Chili. Malgré la forte chaleur y régnant (les côtes sont des déserts), les manchots peuvent y vivre grâce au riche écosystème du courant marin froid de Humboldt. Ce dernier lui procure l’alimentation nécessaire à sa survie sauf lorsque El Niño décide de venir jouer les perturbateurs, provoquant non seulement une réduction du zooplancton et donc des poissons, mais aussi des dérèglements climatiques : cela engendre des effondrements de terriers et une grande difficulté pour les parents à nourrir leurs petits jusqu’à leur émancipation vers l’âge de 2 mois et demi.

Le manchot de Humboldt se nourrit essentiellement de petits poissons tels que les anchois, mais peut se contenter de céphalopodes et de crustacés. Il pêche près des côtes, tournant autour de sa proie, l’attaquant de côté et la mangeant la tête en premier. Sa bouche et sa langue sont pourvues de petites épines orientées en arrière afin de maintenir leur proie. Sous son plumage court mais extrêmement dense,  il possède une couche de lard sous-cutanée épaisse le protégeant du froid. Leur ventre clair et leur dos foncé constituent un système de camouflage qui leur permet de se confondre avec la clarté de la lumière solaire ou avec l’obscurité du fond quand ils sont dans l’eau. Très maladroit sur terre, le Manchot de Humboldt est un oiseau qui ne vole pas… ! Ayant perdu sa capacité de voler, ses ailes se sont transformées en nageoires le propulsant sous l’eau, et lui permettant d’atteindre une vitesse de 30 km/h ! Excellent plongeur, Il est capable de rester en apnée une dizaine de minutes en moyenne 

Le courant de Humbolt est un courant froid qui prend naissance près de l'Antarctique et qui longe les côtes du Chili et du Pérou. Il maintient une zone de haute pression sur le Pacifique qui empêche l’arrivée des pluies. Il permet également la remontée des eaux froides chargées en sel minéraux. Cela fait de lui un courant très riche en plancton qui favorise une production abondante de poissons. Tous les animaux de la région profitent de cette abondance sauf en période d’El Nino. Ce phénomène décrit l’élévation de la température du courant, la diminution de sa productivité et l’augmentation des pluies. Cela implique moins de nourriture pour les manchots de Humboldt qui ne parviennent plus à nourrir leurs poussins. Cela implique également de fortes pluies qui entraînent l'effondrement des terriers. Les années d’El Nino sont dramatiques pour les animaux vivant sur ces côtes.

Une espèce classée “vulnérable”

La population a souffert d’un très fort déclin suite à l’exploitation intensive au Pérou et au nord du Chili, vers le milieu du 19ème siècle, du guano provenant des sites de nidification les plus appréciés par l’espèce. Le guano est cet amas des déjections d’oiseaux marins accumulé sur leurs lieux de vie. C’est un engrais naturel extrêmement efficace, très concentré en azote, phosphore et oligoéléments. La population est passée de centaines de milliers d’individus à 16.000 ou 20.000 pour chuter entre 5.000 et 6.000 après le phénomène El Nino de 1982 et 1983. D’autres menaces pèsent sur le manchot de Humboldt telles que la surpêche, la pollution et les perturbations de l’habitat.

statut actuel

UICN monde : préoccupation mineure

Les Manchots à NaturOparC

Le Manchot de Humboldt est présenté, avec le Manchot du Cap, lors d’une démonstration présentant les techniques de pêches d’animaux aquatiques. 

Bien loin des spectacles aquatiques auxquels il est possible d’assister dans de nombreux parcs, la démonstration présentée tous les jours permet d’admirer les animaux sous l’eau, en action réelle de pêche dans un bassin vitré, chose rarement observable dans la nature ! Autant de techniques qui ne manqueront pas de surprendre le public mais aussi les soigneurs, car les animaux sont quelques fois imprévisibles !

Cette démonstration est l’occasion pour l’animateur de parler de la biologie des différentes espèces présentées, de leurs adaptations morphologiques au milieu aquatique, mais aussi d’attirer l’attention des visiteurs sur l’importance de leur conservation.